Lundi 15 juin 2009
Comment orienter une réflexion générale sur l'énergie, sur le vert, sans passer par l'écologie politique ?
Les précurseurs de l'écologie Politique dont René Dumont en France pensait qu'il fallait nécessairement passer par la politique pour faire passer des idées écologiques. Je ne suis pas de cet avis. Même s'il est vrai que dans le années 60, le mot politique avait une signification beaucoup plus profonde;
On ne peut non plus faire confiance à des scientifiques pour des choses autant sérieuses que l'avenir de la planète. Laisser l'écologie entre leurs mains serait comme confier la gestion d'un bar à un ex alcoolique.

Les économistes, vaut mieux ne pas, et ce sont les pires de tous, pour deux raisons :

Les économistes ont toujours voulu imiter les savants des sciences dures comme la physique en voulant faire de l'économie (une science humaine) une mécanique du fonctionnement de l'utilité et de l'intérêt individuel selon la formule de  Jevons. ils ont donc oublié que l'économie n'était pas une scienc  e, au même titre que la physique qui obéissait à des lois. la conséquence directe de cette hérésie est la mathématisation de la discipline avec un développement hasardeux des modèles économétriques, des estimations burlesques, la farfelue notion d'équilibre, le retour aux conditions initiales. Considérant ainsi l'économie comme un circuit fermé indépendant de tout autre choses que la production et la consommation, ils ont oublié la nature irréversible de la production et les déchets fournis par la consommation.
La deuxième raison est liée à ma pratique de la discipline pendant quelques années maintenant. J'aurais appris la chose la plus importante, qu'il faudrait dire à tout étudiant qui commence un cycle d'étude supérieur : Ne jamais lire un livre d'économie pour comprendre l'économie. Les vraies réponses de l'économie se trouvent dans toutes les autres sciences, dans tous les autres domaines de la connaissance sauf où ils pensent.

Comment donc aborder l'écologie? 
Une réflexion générale sur l'écologie ne peut se faire sans une réflexion sur l'évolution du système éducatif; Sur la notion de l'utilité et du nécessaire, Ne peut pas se passer non plus d'une réflexion sur la pauvreté, sur la répartition des richesses. Comme je le rappelais dans un précédent post, l'occident représente 20% de la population mondiale et consomme 80% des ressources mondiales connues. Il y a bel et bien un jour où les autres demanderont leur dû. Et cela ne se fera pas sans mal. Mais concentrons nous ici sur ce qui peut être fait.
 
La justice écologique

Beaucoup de planificateurs (entendez par là politiciens - responsable d'organisation internationale - dirigeant d grosses entreprises ) ont toujours pensé qu'il existait un remède universel à des maux, mais souvent ce qu'ils négligent c'est l'interaction des forces et ils oublient ce vieux principe d'action et de réaction. Un exemple, si en France on n'a du mal à se procurer du pétrole, la réflexion veut que l'on s'oriente vers d'autres types d'énergies. Les biocarburants pendant quelques temps ont été évoqués, et le sont toujours d'ailleurs, mais ces plannificateurs oublient parfois que développer les biocarburants signifie rogner sur la consommation en tant qu'alimentation. Pas ici. Ailleurs, dans le monde. On a rattaché aux émeutes de la faim en Afrique il y a un an la spéculation, mais on vite oublié la dimension technique voire technologique de ces émeutes.
La justice écologique fait appel à la responsabilité individuelle qui elle même est un maillon de la responsabilité collective. Cette dernière est très difficile à cerner, en raison de la responsabilité de chacun qui est en somme la responsabilité de personne. La justice écologique suppose une réflexion générale sur les outils, sur les seuils (limites). Le développement de la science doit permettre une indépendance et non le contraire comme c'est le cas actuellement. Comment concevoir une justice écologique dans un monde globalisée? Récemment, plusieurs idées, toutes les plus stupides les unes que les autres sont apparues. Je ne reprendrais que quelques unes.
- La taxe carbone
Les mécanismes de développement durable (bourse carbone, etc...)

Pour la taxe carbone, faut pas avoir BAC+10 pour comprendre qu'elle est paradoxale. L'industrie automobile meurt, et l'on vole à son secours, et derrière, on institue une taxe sur ces voitures que l'on vient de financer.
Pour les mécanismes de projet institué par Kyoto, j'y reviendrais à l'occasion d'autres posts.
Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est la nature multidimensionnelle des choses. Et c'est ce bon vieux principe d'action et de réaction. Toutes nos actions ont des répercussions sur l'écosystème, la moindre soit-elle. Augmenter une activité, comme la récente tendance a produire beaucoup d'objets parce que la technique nous permet de croire que l'on recycle est une hérésie.

Prenons l'exemple de la vitesse :

La voiture, les trains à grande vitesse, les avions, sont censés nous faire gagner du temps dans nos déplacements. Mais réfléchissons une seconde. Dans une ville comme Paris, le nombre de voitures et leur puissance entraînent une vitesse moyenne généralisée de 6km/h. C'est à dire que malgré toute la puissance des inventions, on fait du sur place. Pour le trains, si l'on prend en compte l'organisation contingente avant un déplacement, et le temps réel d'arrivée à son lieu de destination, on ne fait pas mieux que dans les années 60.   Il y a donc un moment où la vitesse devient contre productive. Surtout que si l'on regarde de près l'énergie gaspillée à s'occuper de sa voiture (assurance, frais divers, payement, stationnement, stress engendré, etc...), on finira par conclure que l'on vit pour sa voiture. Que l'outil qui devait libérer asservit.
La justice écologique demande d'étudier tous les aspects de la même composante. Ceci revient à poser la question de la finalité de l'objet et du but à atteindre. D'où le non sens politique. A mon sens, la politique donne une orientation générale selon des convictions. Cela signifie (du moins pour les pays démocratiques), qu'il y ait débat pour peu que la personne en charge de la direction des affaires ne soit pas un écologiste convaincu.
Faire de l'écologie une science de la conviction entraînera peu ou prou ce que l'humanisme a causé en des temps pas si lointains. C'est à dire la conception de la pauvreté, un acharnement à l'école, un acharnement à la médecine, l'ecclésiastique. Ce que je développe ici est très contesté, mais peu importe, je persiste à dire que ceux qui ont fait de l'éducation un remède universel contre la pauvreté ont sans le vouloir créé l'effet inverse. Des chiffres que vous ne verrez jamais publié vous en donnent un exemple. Rapporté à la population, le continent noir est le continent qui détient le plus de diplômés de niveau BAC+4 et supérieur. Rapporté à la population et comparés à tous les pays développés qui ont des centre de formation pour le sport et les arts, l'Afrique est le continent le plus talentueux dans les domaines du sport et des arts, sans structure encadrante. Que faut t-il y voir? Dans un cas, que l'école asservit, et dans l'autre que l'absence de structure développe les potentiels créateurs. De l'écologie comme vision du monde, à la Dany, ce serait instituer une morale écologique comme avec les droits de l'homme. Et le combat véritable qui est de permettre une vie durable avec des ressources limitées perdra de son sens au profit des querelles partisanes. Aucune morale transcendante ne doit être institué pour des choses importantes, et en règle général il ne faudrait jamais confier les choses importantes aux législateurs.

Si la morale écologique est introduit comme c'est le cas maintenant, il y a fort à parier qu'il en adviendra de la même façon que les droits de l'homme. Un concept purement occidental que chaque peuple pourrait contester en vertu du droit à son développement ( Ce que fait la chine). La justice écologique deviendra vite comme les droits de l'homme où ce sont ceux qui ont commis les pires atrocités qui dictent maintenant le code de bonne conduite.

C'est ce qu'il ne faut pas faire, que Dany et ses amis ont commencé à faire. Mettre l'écologie au centre de la politique.

La position stratégique de l'écologie  ne pourrait être globale. Elle doit s'articuler de manière locale en fonction des besoins et des aspirations. Les aspirations d'un peuple ne sont pas forcément l'accumulation, contrairement à ce que pense quelques capitalistes. la réalisation individuelle par le biais des choses différentes, par la vie de plusieurs vies est à mon sens le premier désir de l'homme. Alors comment y arriver,? André Gorz donne un début de réponse dans ses différents essais sur le travail. Sur cette notion stupide qui asservit au lieu de libérer. Faites un sondage rapide autour de vous et vous serez surpris du nombre de personnes qui n'aiment pas ce qu'ils font au quotidien.

Je continuerais la réflexion dans des prochains posts et je montrerais comment la structure du travail découle immédiatement de l'éducation.

Guibert j Tchinde,   Juin 2009     
Par GJT - Publié dans : Economie -- Société
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