Vendredi 22 mai 2009
C’est parce que la vitesse de la lumière est plus rapide que celle du son que l’on a l’air brillant avant d’avoir l’air con. Les ballades nocturnes sont pleines de surprise ; Surtout dans les métropoles. Des révolutionnaires qui veulent changer le monde tout en se servant de la carte bleue de Papa, des gens qui croient manger dans un restaurant italien alors que c’est un malien au fourneau, des prostituées qui ne s’assument pas et préfèrent être courtisées, des écrivains ratés qui croient pouvoir mettre en écriture tout ce qui leur passe par la tête,   Des suicidaires en puissance qui cherchent le meilleur moyen de faire le moins de dégât s’en allant, et puis des artistes payés 6 euros la séance de 4 heures pour jouer le soldat dans la pièce de Salomé d’Oscar Wilde avec pour seule réplique le bruit de leur pas disparaissant derrière le rideau, mais avec l’espoir d’une belle carrière à venir. On vit tous pour ces petites immortalités.
Obsédés par nous-mêmes, et vivant dans les rêves des autres avec la peur non avouée d’habiter nos propres corps. On préfère souvent se débarrasser de nos responsabilités, de peur d’ouvrir les yeux sur nous-mêmes. On oublie vite les choses. On se pardonne très rapidement, et on continue de vivre avec la croyance stupide que notre vie n’influence en rien celle des autres. La peur. C’est ce sentiment que l’on ne peut expliquer en deux mots. La peur de vivre et la peur d’aimer ; Ce n’est pas l’amour qui donne du sens à nos vies, c’est la peur. Ou plus exactement c’est la digression d’où naît la peur qui donne du sens à notre existence absurde et enchaînée. Certains s’enchaînent à leurs rêves, d’autres à leurs convictions. Beaucoup à l’idée de l’amour. J’ai peur. Je suis tous ces hommes et femmes à la fois. Et je ne résiste pas à l’idée de l’immortalité. L’idée de l’immortalité fait jour lorsqu’on prend conscience du néant et du vide. L’idée de l’immortalité prend naissance dans notre enfance et lorsqu’on veut rejouer des scènes de son enfance, on devient réalisateur et inconsciemment on essaye de corriger ses erreurs. C’est comme des retrouvailles après une longue séparation. On se demande toujours : « Qu’est ce que je ne dois plus faire ? » Une autre façon de vivre est de simuler le bonheur. Les femmes y arrivent mieux que les hommes en général ; Et souvent on se dit comme Kundera j'ai la malchance d'être heureux en ménage, donc de ne pouvoir divorcer.

La malchance d’être heureux, c’est le drame de l’homme mortel. Etre confronté à son bonheur et le savoir. Certains s’inventent des malheurs. Les femmes sont plus douées que les hommes une fois de plus. Faire des avances à une fille est un exercice difficile. Surtout lorsque l’on sait que c’est pour quelques minutes de plaisir on relativise vite. L’idée des prostituées qui ne s’assument pas vient de là. Maintenant, toutes mes aventures se feront avec celles qui s’assument. A celles là, plus besoin de faire la cour comme l’ami français qui voulant meubler la conversation avant le passage à l’acte , essayait d’expliquer à une anglaise qu’il veut voyager dans le monde avant de faire des enfants dans un anglais indescriptible et ce dans un bar de rencontres où tout le monde vient à priori pour la même chose . La fille visiblement agacée lui caressait les mains et attendait juste le moment où il lui demanderait de faire l’amour. Dieu que l’on aime se compliquer la tâche.
 Le plaisir du sexe, c’est que l’on n’a pas forcément besoin de parle la même langue.

Et puis, dans des élans de pensée, il y a le corps ridé d’une quinquagénaire qui ne s’assume pas et qui se cache dans les draps quand le jour se lève. Il y a la petite dame qui fait des rencontres à l’insu de son mari et qui se méprise à l’idée de courir après la tendresse qui n’est rien d’autre que le sexe qu’elle n’a pas. Il y a une femme assise quelque part toute seule pensant à son homme loin d’elle avec une autre en se disant avec tendresse : « c’est ici qu’il dort, il reviendra ». Il y a la foule. Celle qui marche seule inexpressive, dans un bruit assourdissant, traversant la rue comme traversant l’histoire. Sans laisser de traces. Il y a MAMAN. Il y a aussi ceux qui gaspillent leurs sensibilités. Il y a ceux qui se turlupine l’esprit et se demande de quoi est fait le genre humain. Il y a ce monsieur dans une belle porsche noire, le regard envieux vers une porsche rouge. Il y a, Il y a…

Le plaisir des ballades nocturnes avec un homme en proie à des idées sombres a le mérite de vous interroger sur le sens de l’amour.
Le plaisir des ballades nocturnes est de voir la ville autrement et de se laisser aller à des méditations mélancoliques.
Le plaisir des ballades nocturnes est de vous inspirer et d’écrire des tests qui n’ont pas de sens comme celui-ci, mais donc la seule vertu est de fabriquer de nouvelles questions. Mais ce soir, une seule question : Un amour excessif est t-il un amour coupable ?

G.2009
Par GJT - Publié dans : Choses Vécues -- Choses Vues
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Commentaires

La peur
Commentaire n°1 posté par Didier le 12/06/2009 à 17h53
comment un Amour peut il être excessif? il EST, tout simplement, sentiment profond, pas forcément partagé mais inexorablement là, posé et serein, sans excès, juste là. Rare, précieux, éternel, l'Amour ne fait appel à aucune échelle de valeur humaine, et excès, culpabilité en sont exclus, il concerne les âmes et non les consciences.
Encore un commentaire sur le vif, mais après tout basta, même si ce n'est pas très compréhensible, c'est pas grave :-)
Commentaire n°2 posté par dune le 22/05/2009 à 22h27
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